USR 3155

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Laboratoire IRAA

Institut de Recherche sur l'Architecture Antique (Antenne de Lyon)

image oiseau MOM

Le temple de Kom-Ombo

Projet de recherche 2020
Responsable : Aurélie Terrier

Temple principal vu depuis l’est @ A. Terrier
Temple principal vu depuis l’est @ A. Terrier

Les grands temples de l’Égypte gréco-romaine ont concentré toutes les connaissances pour traduire dans l’art de bâtir le rapport avec le divin. Par l’ensemble des textes couvrant leurs parois, ces monuments sont aussi devenus de véritables conservatoires de la culture pharaonique. Le temple, tant dans son architecture que dans son programme décoratif, n’a jamais autant exprimé d’une manière globalisante la force et la complexité du sacré égyptien (Daumas 1980).

Des grands temples gréco-romains (332 av. J.-C. – 251 ap. J.C.) édifiés sur le sol égyptien, le temple de Kom Ombo est le seul à n’avoir bénéficié d’aucune étude architecturale moderne. L’état du sanctuaire, en partie détruit par la déviation ancienne de l’un des bras du Nil, est probablement à l’origine de cette mise à l’écart par les chercheurs ; c’est pourtant ce qui le rend si intéressant. L’enjeu de cette recherche sera d’aborder les différents aspects de la conception architecturale, allant du contexte environnemental aux questions liées à la construction des espaces autour des fonctions théologiques ainsi qu’à l’évolution des méthodes et des techniques de construction. L’étude épigraphique menée depuis 2010 par une équipe franco-germano-égyptienne rencontre une belle collaboration avec les autorités égyptiennes qui souhaitent désormais avancer sur les recherches architecturales et archéologiques.

État de la recherche

Le temple de Kom Ombo est situé sur la rive orientale du Nil, entre Edfou et Assouan, en Haute-Égypte. Un premier temple semble avoir été construit dès le Nouvel Empire et les fouilles récentes menées au nord du sanctuaire attestent une occupation du site antérieure remontant au moins à l’Ancien Empire (Forstner-Müller 2017). Le temple, dédié aux dieux Sobek et Haroeris et leurs divinités associées, est installé sur un plateau bordé par deux bras asséchés du Nil, anciennement responsable de l’effondrement majeur des bâtiments du sanctuaire. Le temple est accessible depuis la porte de Ptolémée XII Aulète au sud-est de l’enceinte et les vestiges encore partiellement en place, en dehors du grand temple, consistent en une petite chapelle d’Hathor à l’est, une « maison de la naissance », un puits et un étang à l’ouest. Ce temple semble avoir été édifié en plusieurs phases depuis Ptolémée VI Philometor (186-145 av. J.-C.) jusqu’à la période romaine (30 av. J.-C. – 391 ap. J.-C.), et la décoration n’aurait pas été achevée avant la fin du règne de Ptolémée XII Aulète (117-51 av. J.-C.) (Gutbub 1973 ; Gutbub 1972).

À la fin du 19e siècle, début du 20e siècle, J. de Morgan, qui travaillait avec l’architecte E. André, a entrepris avec U. Bouriant, G. Legrain, G. Jéquier et A. Barsanti de publier, de 1894 à 1909 un catalogue des monuments et inscriptions de l’Égypte antique (De Morgan et al., 1894-1909). Ce qu’il a consacré au temple de Kom Ombo fourmille malheureusement d’erreurs et de lacunes (remarque de F. Labrique). Au début du XXe siècle, le monument a été remonté et consolidé progressivement par le Service des Antiquités de l'Égypte (SCA) sans études préalables (Barsanti 1915).

De 1970 à 1987, l’égyptologue A. Gutbub procède au relevé d’une partie de la décoration du temple (Gutbub 1995) et depuis 2010, les professeures Sh. Bedier de l'Université de Ayn Chams (Le Caire) et Fr. Labrique de l'Université de Cologne dirigent une équipe chargée de publier la suite du décor de ce temple (Labrique 2016 ; Labrique 2013).

Depuis 2018, je suis devenue membre de cette mission afin de travailler sur l’aspect architecturale et archéologique du sanctuaire. Il s’agit donc d’un projet parallèle à l’intérieur de la mission qui comprendra désormais deux pôles :
- l’étude épigraphique dirigée par les professeures Bédier et Labrique
- l’étude architecturale et archéologique que je dirigerai

Chacun des pôles ayant une gestion administrative et des financements différents.

Temple principal vu depuis l’ouest @ E. Laroze
Temple principal vu depuis l’ouest @ E. Laroze

 Bibliographie sélective

• Badawy A., Kom-Ombo, Sanctuaires, Le Caire, 1952.
• Barsanti A., «Rapport sur les travaux de consolidation exécutés à Kom Ombo pendant l’hiver de 1913-1914», ASAE  15 (1915), pp. 168-176.
• Besançon J., « La mise en valeur du désert de Kom Ombo», Annales de Géographie  67-362 (juil.-août 1968), pp. 319.334.
• Butzer K. W., Hansen C. L., Birot P., « Géologie et morphologie en Égypte méridionale », Annales de Géographie 78-430 (nov.-déc. 1969), pp. 727-728.
• Cavenagho M., Émile André (1871-1933), Dall’École de Nancy all’edilizia popolare. Gloria e declino di un ideale esteticoe sociale, thèse de doctorat inédite, 2012.
• Daumas F., « L’interprétation des temples égyptiens à la lumière des temples gréco-romains », CahKarn  6 (1980), pp. 261-284.
• De Morgan J., Bouriant U., Legrain G., Jéquier G., Barsanti A., Kom Ombos. Catalogue des monuments et inscriptions de l’Égypte antique, Wien, 1894-1909.
• Doucet H., Émile André. Art nouveau et modernités, Arles, 2011.
• El Gammal E. S.,  Salem S.M., Greiling R. O., « Applications of geomorphology, tectonics, geology and geophysical interpretation of, East Kom Ombo depression, Egypt, using Landsat images », The Egyptian Journal of Remote Sensing and Space Sciences 16 (2013), pp. 171-187.
• Faid A. M., Abdulaziz A. M, « Monitoring land-use change-associated land development using multitemporal Landsat data and geoinformatics in Kom Ombo area, South Egypt », International Journal of Remote Sensing 33-22 (2012), pp. 7024-7046.
• Forstner-Müller I., « IV.1 Kom Ombo », ÖAW-ÖAI  (2017), pp. 24-30.
• Gouda Temraz M., Khallaf M. K., « Weathering behavior investigations and treatment of Kom Ombo temple sandstone, Egypt - Based on their sedimentological and petrogaphical information », Journal of African Earth Sciences 113 (2016), pp. 194-204.
• Gutbub Ad., Inconnu-Bocquillon D., Kom Ombo I. Les inscriptions du naos (sanctuaires, salle de l’ennéade, salles des offrandes, couloir mystérieux, IFAO, Le Caire, 1995.
• Gutbub Ad., Textes fondamentaux de la théologie de Kôm Ombo, BdE  47, Le Caire, 1973.
• Gutbub Ad., « Kom Ombo, les textes et leur étude », in : Textes et langages de l’Égypte pharaonique, Vol. 3, Hommage à Champollion, Le Caire, 1972, pp. 239-247.
• Issawi1 B., Sallam E., Zaki S. R., « Lithostratigraphic and sedimentary evolution of the Kom Ombo (Garara) sub-basin, southern Egypt », Arab J Geosci  9 (2016), Online.
• Labrique Fr., « 1. Kom Ombo 2015-2016 », Dialogues d'histoire ancienne 42-1 (2016), pp. 219-221.
• Labrique Fr., « Kom Ombo. La salle médiane du temple de Haroéris et Sobek », Dialogues d'histoire ancienne 39-1 (2013), pp. 184-186.
• Lacau P., « Notes sur les plans des temples d’Edfou et de Kôm-Ombo », ASAE 52 (1952), pp. 221-228.
• Maspero G., « La première campagne de fouilles de M. de Morgan en Égypte », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  37-3 (1893), pp. 155-158.
• Sauneron S., «Les travaux de l’Institut français d’Archéologie orientale en 1970-1975», BIFAO 70 (1971), pp. 237-253.
• Smith P. E., « New prehistoric investigations at kom ombo », Zephyrus  XVII (1966), pp. 31-45.
• Vignard E., « La stations de taille de la plaine Nord-Est de Kom-Ombo (Haute-Egypte) », Bulletin de la Société préhistorique de France 53, n°10 (1956), pp. 588-598.
• Vignard E., « Un gisement du paléolithique inférieur en couche à Bayarah près Kom-Ombo (Province d'Assouan, Haute-Egypte) », Bulletin de la Société préhistorique de France 51, n°5-6 (1954), pp. 272-280.

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